« Dis-moi, c’est quoi ton truc d’UX design là ? » m’a demandé ma grand-mère l’autre jour, un peu perplexe, en regardant par-dessus mes épaules pendant que je travaillais sur un site web.
Et là, j’ai réalisé un truc tout bête : si je n’étais pas capable d’expliquer le UX design à ma propre grand-mère, c’est peut-être que je ne le comprenais pas si bien que ça moi-même… ou que je le rendais inutilement compliqué.
Alors voilà. Aujourd’hui, j’ai décidé de lui expliquer, à elle, et à tous ceux qui entendent ce terme à longueur de journée sans vraiment savoir ce qu’il cache. Et pour ça, rien de mieux qu’un exemple qu’elle connaît bien : le marché du samedi matin.
C’est quoi un « parcours utilisateur », Mamie ?
L’exemple du marché du samedi matin
Imagine, Mamie, que tu partes comme chaque samedi matin acheter des pommes au marché. Ton objectif est clair : rentrer avec un kilo de tes Golden préférées, bien juteuses. Ce que tu veux, c’est que tout se passe sans prise de tête. Pas de détour inutile, pas de queue interminable, pas de marchand grognon qui n’accepte pas la carte.
Eh bien le parcours utilisateur, dans le monde du web, c’est un peu pareil. Quand quelqu’un arrive sur un site, il a un but (trouver une info, acheter un produit, réserver un créneau). Et tout l’enjeu de l’UX design, c’est de faire en sorte que ce chemin soit simple, agréable et sans embûches. Comme si tu trouvais tout de suite ton stand à pommes, que le paiement était rapide, et qu’on te glissait même un petit sourire en prime.
Un parcours, c’est une série d’étapes, pas juste une page
Sur un site, c’est pareil : tu entres (la page d’accueil), tu cherches ton produit (navigation), tu le mets dans le panier (action), tu paies (conversion). Chaque étape doit être claire, logique, sans détour inutile. Si tu dois faire trois fois le tour du marché parce qu’on a déplacé le stand de pommes sans prévenir… tu perds patience. Et tu n’y reviens plus. En UX, c’est pareil.
Et pour savoir si un parcours fonctionne vraiment, il faut tester. Pas seulement entre experts. Il faut voir comment des vraies personnes, comme toi, Mamie, s’en sortent. D’ailleurs, si tu veux aller plus loin sur le sujet, je te recommande de lire cet article très clair sur comment réaliser des tests utilisateurs.
Pourquoi certains parcours sont un enfer (et d’autres un plaisir) ?
L’exemple du mauvais supermarché
Tu vois, Mamie, parfois aller faire ses courses peut tourner au cauchemar. Le parking est bondé, l’entrée est mal indiquée, on tourne en rond pour trouver les légumes, et une fois à la caisse… surprise : elle n’accepte que l’espèce. Tu ressors frustrée, énervée, et tu te dis que tu ne remettras plus jamais les pieds dans ce magasin.
Un site web, c’est pareil. Si on ne comprend pas où cliquer, si les pages sont trop longues à charger, si on ne trouve pas ce qu’on cherche… l’utilisateur quitte le navire. Et dans 9 cas sur 10, il ne reviendra pas. C’est pour ça que l’UX design est crucial : il évite aux visiteurs d’avoir à “galérer” comme dans ce supermarché mal fichu.
Les émotions comptent plus qu’on ne le croit
Ce n’est pas seulement une question de logique ou de technique. L’expérience utilisateur touche aussi à l’émotion. Un site qui te fait sentir perdu, pressé, ou manipulé (genre ces pop-ups collants qui te crient “Achetez MAINTENANT !!!”) crée un sentiment désagréable. Et ça, même si on ne le dit pas toujours, on le ressent profondément.
Le UX design, c’est aussi ça : faire en sorte que la personne qui visite un site se sente bien, comprise, accompagnée. Un peu comme quand ton marchand préféré t’emballe tes pommes avec soin et te demande si tu veux un peu de persil avec. C’est subtil, mais ça change tout.
Comment on conçoit un bon parcours ? (Sans que Mamie s’en rende compte)
Comprendre l’utilisateur avant tout
Avant de dessiner une seule page, il faut d’abord se poser la bonne question : à qui s’adresse-t-on ? Un site qui parle à des jeunes geeks de 20 ans n’aura rien à voir avec celui que tu utiliserais, Mamie, pour commander tes tisanes ou réserver un billet de train.
Le cœur du UX design, c’est l’écoute. Observer, poser des questions, se mettre dans les chaussures de l’utilisateur (même si ce ne sont pas des charentaises). Car si on comprend bien les attentes, les habitudes et les freins, on peut concevoir un parcours fluide, qui semble presque évident. C’est ça, l’UX bien fait : tu ne le remarques même pas, mais tout coule de source.
Rendre chaque étape limpide
Un bon site, c’est comme une recette de confiture de fraise réussie : simple, avec des étapes claires, et sans ingrédients parasites. Chaque page doit avoir un objectif unique. Tu ne mélanges pas l’achat de pommes, la lecture du journal et la commande d’un dentier sur une même page, si ?
Les boutons doivent être explicites, pas de “Cliquez ici” flou, mais des appels à l’action nets comme “Commander mes pommes” ou “Je prends rendez-vous”. L’UX design consiste justement à guider l’utilisateur en douceur, comme un petit panneau “Sortie du marché” bien placé.
Tester avec les vrais gens (pas que des experts)
Et surtout, il faut tester. Pas avec d’autres designers, pas avec des collègues trop polis. Non. Avec des gens comme toi, Mamie. Des personnes qui n’ont pas peur de dire : “Je comprends rien à ton site, c’est où qu’on paie ?”
Ces tests sont indispensables. On peut passer des heures à peaufiner des détails… mais c’est en voyant quelqu’un cliquer là où il ne faut pas qu’on réalise qu’on a tout faux. C’est d’ailleurs pour ça qu’il est vivement conseillé de réaliser des tests utilisateurs avant de mettre un site en ligne. On évite ainsi bien des erreurs, et on gagne en empathie.
Le petit lexique de l’UX pour Mamie (et ses copines)
Bon, Mamie, maintenant qu’on a bien avancé, il est temps de te faire ton petit lexique personnel. Parce que dans le monde du UX design, on adore les anglicismes. Mais promis, ce n’est pas si sorcier.
- UX (User Experience) : c’est ce que tu ressens en utilisant un site. Si tu trouves tout facilement, que ça va vite et que tu es satisfaite… c’est que l’UX est réussie. Si tu râles ou que tu abandonnes… y’a du boulot !
- UI (User Interface) : c’est le look du site. Les couleurs, les boutons, la police d’écriture. Un peu comme l’emballage d’un produit : ça ne fait pas tout, mais ça compte quand même.
- CTA (Call to Action) : c’est un bouton ou un lien qui t’invite à faire quelque chose. Exemple : “Ajouter au panier” ou “Envoyer ma commande”. Si c’est flou ou mal placé, on ne clique pas.
- Wireframe : c’est une maquette toute simple d’une page web. Pas de couleurs, pas d’images, juste des zones grises pour visualiser où vont les choses. Un peu comme un plan de cuisine avant les travaux.
- Conversion : c’est le moment où tu fais ce que le site attendait de toi. Acheter un kilo de pommes, t’inscrire à une newsletter, réserver une table… Le but final, quoi.
Avec ça, Mamie, tu peux presque te lancer dans une carrière de consultante en UX design. Ou au moins comprendre de quoi on parle quand on jargonne au téléphone !
En résumé : pour un bon parcours, pensez comme Mamie !
Quelques conseils concrets
Tu l’auras compris, Mamie (et toi aussi, cher lecteur) : un bon site web, ce n’est pas forcément le plus “tendance” ou le plus chargé en animations. C’est surtout celui qui permet à l’utilisateur d’atteindre son objectif sans se poser mille questions.
Alors pour concevoir un parcours utilisateur efficace, voici les commandements de Mamie UX :
- Mets-toi à la place de l’utilisateur (et pas seulement dans la tête du développeur)
- Simplifie chaque étape : un objectif clair par page, des boutons visibles, une navigation logique
- Évite les pièges : fenêtres intrusives, messages ambigus, parcours labyrinthiques
- Reste cohérent : même ton, même style, mêmes repères du début à la fin
- Et surtout… teste avec des vrais gens (même si c’est Mamie qui s’y colle !)
Et si Mamie devait concevoir un site ?
Elle te dirait sans doute, avec son bon sens habituel :
- “Montre bien où sont les pommes !” → Traduction : que le visiteur sache immédiatement où cliquer
- “N’embrouille pas les gens avec trop de choix” → Un seul message clair à la fois
- “Et surtout, fais en sorte qu’ils reviennent avec plaisir” → Crée une expérience positive et fluide
Voilà. Tu n’as plus d’excuse pour perdre tes visiteurs dans un labyrinthe de pages floues. Si tu arrives à concevoir ton site comme si Mamie devait l’utiliser, c’est que tu es sur la bonne voie en UX design.













