Vous souvenez-vous de ce bruit caractéristique ? Celui de la disquette que l’on insère dans le lecteur, suivi du ronronnement du processeur qui peine à charger les premières lignes de code. C’était en 1989. Nous n’avions pas de cartes graphiques à plusieurs centaines d’euros, mais nous avions quelque chose de bien plus précieux : une heure. Une seule petite heure pour sauver la princesse des griffes du vizir Jaffar.
Si vous faites partie de cette génération qui a passé des après-midis entiers à pester contre des pics surgissant du sol ou à calculer au millimètre près un saut au-dessus d’un précipice, préparez-vous à un sérieux coup de vieux (et de plaisir).
Le chef-d’œuvre de Jordan Mechner à portée de clic

Grâce au travail de passionnés, et plus particulièrement du développeur Oliver Klemenz, le mythique Prince of Persia a été entièrement porté en JavaScript. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Que vous n’avez plus besoin d’émulateur complexe ou de ressortir votre vieil Apple II ou votre PC sous MS-DOS du grenier.
Il suffit de se rendre sur le site PrinceJS.com pour que la magie opère. Le jeu se lance instantanément dans votre navigateur, que vous soyez sur Chrome, Firefox ou même Safari.
Comment reprendre les commandes (mémoire musculaire exigée)
Pour ceux dont les doigts sont un peu rouillés, voici un petit rappel des commandes. C’est le moment de voir si votre mémoire musculaire est toujours intacte :
- Flèches Gauche / Droite : Pour courir ou se déplacer (évidemment).
- Flèche Haut : Sauter sur place ou grimper.
- Flèche Bas : S’accroupir ou descendre d’une plateforme.
- Touche Maj (Shift) : C’est la touche « Action ». Elle permet de marcher prudemment (pour ne pas tomber des corniches), de s’agripper au bord d’un précipice, de ramasser des objets ou de boire des potions.
- Mode Combat : Lorsque l’épée est dégainée, la Flèche Haut sert à parer et la Touche Maj à frapper.
- Barre d’espace : Pour afficher le temps restant (car oui, le compte à rebours est impitoyable).
Pourquoi ce jeu nous a-t-il tant marqués ?
À l’époque, Prince of Persia était une révolution. Jordan Mechner avait utilisé la technique de la rotoscopie (en filmant son frère en train de courir et de sauter) pour obtenir des animations d’un réalisme jamais vu auparavant. Chaque mouvement du personnage était d’une fluidité incroyable, mais aussi d’une exigence absolue.
On se rappelle tous de ce sentiment de vulnérabilité quand le prince s’agrippait de justesse à une corniche ou du stress intense lors des combats à l’épée, où chaque parade comptait.
Une expérience intacte, même sur mobile
La prouesse de cette version web ne s’arrête pas au bureau. Le portage est si léger et bien conçu qu’il est même possible d’y jouer sur smartphone. Les commandes tactiles s’affichent alors à l’écran, recréant l’ergonomie d’autrefois.
Alors, si vous avez besoin d’une pause nostalgique entre deux réunions ou simplement envie de montrer à vos enfants à quoi ressemblait un « vrai » défi à votre époque, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Mais attention : le chrono tourne, et Jaffar n’attend pas.
Prêt à retenter l’aventure ? Rendez-vous sur PrinceJS et essayez de ne pas finir empalé sur le premier piège venu. Pour nous, c’est déjà trop tard, on y est retournés « juste pour voir » et on a déjà perdu vingt minutes…
